Création

Il n’y a pas vraiment d’acte de fondation mais les premières mentions sont faîtes par M. Mouraret. Il cite un Jean Rivière qui portait la croix aux années 1325 – 1327 – 1329 – 1330 dans les rues du village. Le chemin de croix de Burzet a traversé les siècles malgré les difficultés et a lieu actuellement tous les vendredis saints.

Le chemin du Père Pierre Vigne

Pendant une longue période il n’est pas fait mention du chemin de croix de Burzet mais il va prendre une autre dimension avec la mission que prêche le Père Pierre Vigne du 4 mars au 22 juin 1715. Ce prêtre, qui a été béatifié par le Pape Jean Paul II le dimanche 3 octobre 2004 à Rome, fonde des chemins de croix dans la campagne et c’est ce qu’il fait aussi à Burzet.

Le chemin de croix du Père Vigne commence à l’église et va jusqu’au lieu dit «Pigal» qui se situe à mi-parcours du chemin de croix actuel au niveau du hameau de Belvezet actuellement.

Pierre Vigne construit de petits oratoires qui évoquent l’Evangile à partir du jeudi saint jusqu’à Pentecôte, il se sert pour cela du livre qu’il a lui-même rédigé en 1712 pour la fondation du chemin de croix de Boucieu le Roi «le grand voyage» ou «le voyage du Calvaire». Cette proposition reçoit un grand succès car la méditation est entièrement écrite en français, de plus le Père Vigne racontait la passion et animait avec ferveur la prière d’une manière très savoureuse. Après la mission du Père Vigne on continua à parcourir le chemin créé par lui, le vendredi saint et pendant l’année, et à faire la procession dans les rues le jeudi saint après-midi avec les confréries.

La révolution de 1789

Les premières années furent calmes mais en 1794, pendant la terreur, l’église est dévastée et devient le siège du conseil révolutionnaire. En cette année 1794 y a deux citations importantes : Le 28 janvier le conseil décrète que l’église dans lequel il siège s’appellera désormais «temple de la raison».

Le 21 avril ce même conseil décrète d’abattre toutes les chapelles du calvaire jusqu’à fondement afin d’éteindre le fanatisme arrêté à l’unanimité….

La restauration du chemin de croix

En 1804 un nouveau curé, Jean Baptiste Riffard, arrive à Burzet, il avait été prisonnier au château de Beauregard (Saint Péray) pendant la révolution. Il va restaurer le chemin de croix, reconstruire les stations et le prolonger jusqu’au sommet où il est aujourd’hui. Il va également reconstruire puis agrandir la chapelle «Notre-Dame des 7 douleurs» qui se situe au niveau du hameau de Belvezet, c’est à dire à mi-parcours, au terme du chemin de croix créé par Pierre Vigne. Le 6 avril 1829 la restauration est finie et l’évêque valide cette remise en état. Le curé Riffard meurt en 1840 entouré d’une véritable vénération comme l’indique une plaque à l’entrée de l’église.

Une période florissante

La fin du XIXème siècle est marquée par une ferveur populaire. Un texte évoque le vendredi saint 31 mars 1893 en présence de Monseigneur Bonnet où le curé Xavier Pigeyre portait la croix. Il donne des détails sur les horaires et le déroulement de la journée ainsi que sur les personnages qui constituent le cortège. Il estime de six à sept mille le nombre de personnes réunies pour cette fête religieuse. Il note aussi «il y a tout poil là-dedans, bourgeois, ouvriers, paysans». Il faut dire qu’à cette époque Burzet avait environ 3500 habitants dont 300 ouvriers dans les 9 fabriques de soie (moulinages).

Le XXème siècle

Pendant la guerre de 14 – 18 la ferveur était grande pour soutenir et accompagner les chrétiens dans l’épreuve. A cette époque, les confréries qui remplissaient les rôles de figurants disparaissent, le cortège prend alors un nouveau visage et la procession du jeudi saint après-midi cesse d’exister.

Pour le chemin de croix du vendredi saint les figurants porteront désormais des tenues de plus en plus semblables à celles de l’époque de Jésus. Après la guerre de 39 – 45 les paroissiens et leur curé entreprennent la sonorisation de la procession sur les deux kilomètres à flanc de coteau. Les costumes seront entièrement refaits aux années 1950 puis à nouveau entre 1996 et l’an 2000 par de talentueux burzetins.

En ce début de XXIème siècle l’association «Les amis du calvaire et de saint Bénézet» continue à organiser et à promouvoir le chemin de croix costumé du vendredi saint sur les coteaux de Burzet passant entre les châtaigniers séculaires, sur un chemin grossièrement pavé qui conduit les pèlerins d’un jour de 540 à 840 mètres d’altitude.

Le livre «Chemin de croix de Burzet», écrit par Jean Laurent, permet de mieux connaître cet événement, il comporte une partie historique de 52 pages et une méditation du chemin de croix de Burzet en 80 pages, avec 40 pages couleurs.

Renseignements :

Pour le livre, Jean Laurent 07450 Burzet : 04 75 94 40 09

Pour l’association Les amis du calvaire et de Saint Bénézet : 04 75 94 42 35

Site de la commune de Burzet : http://www.burzet.fr/